LE CADEAU ET LA LETTRE DE MA MERE
Madame Marie, ma première professeur d’anglais,
celle qui m’a enseigné l’alphabet, est revenue à Dharamsala après son voyage au Tibet. Elle m’a envoyé un message pour venir chercher le cadeau et la lettre de ma mère. Mon camarade Shampa m’a prêté 5 roupies pour acheter le billet de bus pour aller à Dharamsala. En même temps je pensais à ma mère. Elle est si pauvre, elle
n’a même pas assez à manger, qu’est-ce qu’elle a pu m’envoyer ?
Ma professeur, Madame Marie, a été
obligée de mettre sur ses joues toutes les rides qui dépassaient de son front. Elle m’a dit « Tashi delek » et en même temps, a sorti de son sac un paquet attaché avec une ficelle de laine
de mouton roulée et elle m’a dit « tiens, ça c’est le cadeau de ta mère ». Immédiatement j’ai ouvert le paquet. Il y avait un billet de 10 yuans plié dans une lettre. On pouvait
deviner qu’elle l’avait gardé longtemps roulé dans sa ceinture. J’ai lu la lettre et malgré toutes les fautes, j’ai compris : « Mon petit chéri, est ce que tu as chaud en été ? tu as
froid en hiver ? tu as faim souvent ? J’ai reçu beaucoup de lettres de toi où tu me disais que tu étais content et heureux en Inde, mais je ne peux pas croire ce que tu m’as dit dans ces
lettres. Je pense que tu m’as dit ça pour que je ne m’inquiète pas trop et que je sois contente. Même l’eau ne passe pas dans ma gorge quand je pense ou imagine que mon unique petit chéri est
peut-être esclave de quelque riche, et je ne sais pas même où. Vraiment si tu es content et heureux comme tu le dis dans les lettres, tu dois me le
promettre pour que je puisse le croire et être contente. Tous les jours, je vis avec des larmes. J’ai pensé qu’on pourrait boire un thé au lait ensemble
avec ces 10 yuans, mais je suis à la fin de ma vie et il n’y a plus beaucoup de chances pour que cela arrive. Alors j’espère que tu vas te marier avec une Tibétaine et que tu seras sage avec Sa
Sainteté Le Dalai Lama, comme ça si mon esprit peut choisir mes parents pour la prochaine vie, et bien ce sera vous. Mon chéri, j’ai entendu qu’en Inde
les jeunes Tibétains se marient avec des Américaines vieilles et riches, uniquement pour l’argent. Si c’est vrai, ne fais pas comme les autres, mon petit chéri. Ca, c’est le dernier conseil de cette
vie, n’oublies pas mon dernier conseil si tu veux que mon esprit vienne chez toi ». Quand je suis arrivé à cet endroit de la lettre, mon professeur sortit encore de son sac une bague en or et
elle me dit : « Tiens, c’est moi qui l’ai achetée pour toi à Lhassa, c’est vraiment de l’or. » Elle mit la bague à mon doigt puis me dit « je t’aime très fort». Et en même
temps, elle se pencha pour m’embrasser. Je n’ai pas pu rire, ni pleurer, entre ces deux esprits de vieilles mères. Avec un œil, je vois la lettre de ma
mère, et avec l’autre je vois la bague de ma professeur, mais le dernier conseil de ma mère tient une place immense dans mon cœur. Je suis descendu du mont Gyalpo et quand je suis arrivé au carrefour
de la ville, il faisait déjà nuit, il y avait encore des orages pas loin de Dharamsala. Je devais trouver encore 5 roupies pour acheter un billet de bus et retourner à l’école. J’ai regardé s’il y
avait quelqu’un que je connaissais dans la rue, mais je ne connaissais personne. Ca faisait longtemps qu’il faisait nuit et j’avais faim aussi. Où
puis-je aller maintenant, Maman ?
གློག་ཞགས། (Wednesday, 11 November 2009 22:36)
ཧྥ་འགྱུར་གྱི་རྩོམ་ཡིག་དག་བཀོད་པར་རྟེན་འབྲེལ་ཞུ། ཀློག་མི་ཤེས་ཀི་ར་བལྟས་ཟིན། ཡོན་ཏན་རྡོག་གོ་ཡོད་ས་རུ་གོ་ རང་ང་ཅིག་ནག་ཤ་སེ་ཡེད་ཀེ་ ཧཧཧཧ།